Jean Philippe, professeur de mathématiques dévoué et passionné

Pour Jean Philippe, « Il faut de la passion et beaucoup d’attention pour que les mathématiques ne soient pas vues comme une bête noire par ses élèves »

Pour un bon nombre de jeunes aujourd’hui, les mathématiques sont vues comme une matière à redouter, raison pour laquelle vous entendrez très souvent les élèves dire : « les mathématiques c’est ma bête noire ». Sinus, Cosinus, Racine carrée, Théorème de Pythagore, théorème de Thalès, fonction logarithme, trigonométrie, géométrie, coefficient, droites perpendiculaires, droites parallèles, fonction de xyz, équation, algèbre et bien d’autres, ce sont là une multitude de notions à connaître pour avoir une bonne note en mathématiques.

Jean Philippe, professeur de mathématiques
Jean Philippe, professeur de mathématiques

Nous sommes allés à la rencontre d’un professeur de mathématiques qui sait très bien s’y prendre avec ses élèves afin que ceux-ci comprennent les explications qui leur sont données. Que les élèves soient doués pour les mathématiques ou pas, Jean-Philippe, professeur de mathématiques dans un lycée à Toulouse, a le don de transformer ses élèves en véritables matheux. Nous lui avons donc posé une série de questions pour comprendre comment il s’y prend avec ses élèves pour les faire assimiler leurs cours de mathématiques.  

Comment décrivez-vous vos journées de cours au lycée ?

Je donne cours dans les classes de 1ère et terminale S. Auparavant, je donnais cours à des élèves en section ES ou STI, mais après avoir commencé à donner cours aux élèves de série S, j’ai beaucoup aimé et dès lors je ne donne cours qu’aux élèves de cette section et ceci a été possible grâce à mon directeur pédagogique qui m’a confié d’autres classes de section S en plus. Ces élèves sont plus consciencieux et conscients que les lycéens des autres sections.

Un cours dure en moyenne deux heures : tout au début du cours je fais un rappel du cours précédent, je donne quelques explications sur ce qui n’a pas été compris ; et ensuite j’attaque le nouveau chapitre ou je continue sur le chapitre entamé la veille et à la fin je donne des exercices à faire à la maison.

Pourquoi avoir choisi ce métier de professeur de mathématiques et pas un autre ?

Quand j’étais encore au lycée, je voulais devenir médecin ! Mais chaque fois que j’allais dans un hôpital rendre visite à l’un de mes proches qui était malade, je ne supportais pas de les voir couché sur un lit d’hôpital, pire encore, je ne supportais pas voir des gens arrivés aux urgences étant blessés. C’est ainsi que j’ai abandonné l’idée de devenir médecin et comme j’étais très passionné et assez bon en mathématiques, je me suis dit, pourquoi ne pas devenir prof de maths.

métier de professeur de mathématiques

Ce qui m’a aussi motivé, c’est mon professeur de mathématiques en classe de terminale, il dispensait son cours avec tellement de facilité et sa méthode m’a beaucoup inspiré.

De plus, depuis ma tendre enfance, j’avais une passion pour les chiffres et la résolution des problèmes. Tous ces paramètres réunis m’ont certainement conduit vers le métier de professeur de maths. Je suis fier aujourd’hui d’avoir choisi cette voie.

Doit-on forcément justifier d’une expérience pour pouvoir exercer le métier de professeur de mathématiques ?

Selon moi on n’a pas forcément besoin d’expérience pour pouvoir exercer comme professeur de mathématiques, une fois vos diplômes dans la poche, vous pouvez, si l’opportunité vous est offerte, faire quelques petits stages, mais vous pouvez aussi directement après vos études, trouver une place dans une école et commencer à glaner de l’expérience dans votre carrière.  

Selon vous, qu’est-ce qu’il faut pour être un bon professeur de mathématiques ?

Pour être un bon professeur, il faut déjà commencer par aimer ce qu’on fait, il ne faut pas vous lancer dans l’éducation et l’enseignement juste pour trouver une occupation vous permettant de payer les factures. D’une part il faut être altruiste : avoir l’envie de toujours expliquer, de faire comprendre, d’avoir de l’empathie avec l’élève pour percevoir ses problèmes, amener ceux qui trainent à ne pas voir les mathématiques comme une bête noire et, d’autre part, être un peu curieux : toujours avoir l’envie d’apprendre de nouvelles choses pour soi et vu que la meilleure façon d’apprendre quelque chose c’est de l’enseigner, il faut donc tout faire pour être le meilleur professeur possible, de cette manière on aura fait le meilleur apprentissage possible pour soi-même.

Le bon professeur de mathématiques doit faire plusieurs petites choses (d’un certain angle) qui vont lui permettre d’être un professeur dont les élèves n’aimeraient pas faire l’école buissonnière aux heures de cours. Pour ce faire, le professeur de mathématiques doit :

  • Avoir comme mission principale la transmission du savoir. Pour pouvoir le faire, il y a  un travail considérable à effectuer au préalable. Le professeur doit ainsi apprêter minutieusement ses supports avant chaque cours, en se basant tant sur le programme fixé par l’Education nationale que sur ses propres méthodes de travail.
  • Pendant le cours en salle de classe, il doit veiller à faire participer tous les élèves et à rendre le suivi de ses élèves le plus personnalisé possible. Si ce rôle est bien joué, cela impulsera une bonne dynamique entre les élèves.

Le professeur de mathématiques doit avoir des qualités d’autorité et d’énergie, car pour bien dispenser ce cours il faut faire preuve de vivacité. Son travail n’est pas du tout aisé, il doit savoir manier souplesse et sévérité de façon à encourager les élèves tout en réussissant à maintenir le calme dans sa classe.
Les mathématiques sont très souvent une matière angoissante pour les élèves (certains disent c’est leur bête noire), raison pour laquelle le professeur doit faire montre d’une endurance et d’une pédagogie illimitée.

Quelles sont les contraintes et les responsabilités quotidiennes du métier ?

Dans ce métier Il n’y a presque pas de repos possible, il est difficile de se passer de sa routine quotidienne de professeur de mathématiques : on se pose toujours des questions, on se demande si on a fait ce qu’il fallait, si on a choisi la bonne méthode. On ne va pas tout de même se lamenter sur notre sort, car on a des avenirs à forger. Souvent le plus compliqué c’est recevoir les parents d’élèves au début, organiser et gérer les réunions avec des parents qui ont souvent aussi âgés que ses propres parents. Mais lorsqu’un rendez-vous se passe bien avec un parent, on a un sentiment de joie profonde qu’on n’oublie pas de sitôt.

conseils pour être professeur de mathématiques

A-t-on besoin de recyclage ou de formations supplémentaires pendant son parcours professionnel de professeur de mathématiques ?  

Il n’est pas exclu d’avoir à faire des formations supplémentaires, car les programmes évoluent, mais il convient de relever que ce n’est pas obligatoire de le faire.
Ces formations peuvent être très bien dans l’ensemble ou alors elles peuvent s’avérer être une perte totale de temps (je le dis selon les expériences vécues). Quand ces formations sont tout simplement disciplinaires, c’est toujours une joie de les faire, mais lorsque c’est un formatage administratif (formation des P.P. par exemple), c’est un supplice, et je n’exagère pas!

Prodiguez-vous souvent des conseils d’orientation à vos élèves ?

J’ai déjà eu à donner des conseils d’orientation à plus d’un de mes élèves même si je n’ai pas la compétence nécessaire pour le faire. Pour apporter mon soutien aux élèves après l’obtention de leur baccalauréat, J’ai réalisé un dossier sur les écoles post-bac que j’envoie aux parents et aux élèves en classe de terminale. Dans ce dossier j’explique comment faire pour choisir la bonne filière et aussi comment et pourquoi choisir telle école et pas une autre, car pour quelqu’un qui n’y connait pas grand-chose ce n’est pas du tout évident. Pour preuve, certaines écoles de commerce privées n’ont rien de grand que des frais de scolarité exorbitants demandés aux parents.

Tous ces élèves qui ambitionnent faire des études scientifiques supérieures, et qui ont du potentiel et des capacités de travail, je les encourage à aller en prépa. Je leur fais comprendre que l’abnégation au travail est un grand moyen d’intégrer une vraie grande école.

Quels sont les conseils que vous pouvez prodiguer à ces jeunes qui comme vous aimeraient être professeur de mathématiques ?

Pour commencer je vais conseiller aux jeunes de suivre un cursus académique que je qualifie très souvent de cursus idéal pour devenir professeur de mathématiques : après l’obtention de sa licence, le futur professeur de mathématique doit faire un master avec une mention ou une spécialité enseignement. Ensuite, il pourra se présenter dès la fin de la première année de master aux divers concours de l’enseignement : le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (CAPES), le certificat d’aptitude aux fonctions d’enseignement du privé (CAPEP), le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré agricole (CAPESA) ou encore le certificat d’aptitude au professorat de lycée professionnel (CAPLP).

Toutefois, il aura besoin d’une attestation de validation du master à la date de publication des résultats d’admissibilité. Pour pouvoir enseigner en lycée et en université, il faudra passer le concours de l’agrégation, une fois le master obtenu (bac + 5). L’admissibilité à ce concours est plus sélective que le CAPES et comprend une année de stage au cours de laquelle le professeur jouit de formations spécifiques.

Il a été noté que les jeunes se présentent de moins en moins dans le domaine de l’enseignement des matières scientifiques, pour les encourager à le faire, la profession leur est plus favorable que par le passé. Actuellement, vu que les enseignants qui vont en retraite sont de plus en plus nombreux, il y a un besoin criard de jeunes enseignants pour assurer la relève. L’année dernière, on a eu plus de postes ouverts au CAPES en mathématiques et au concours de l’agrégation. Le ministère de l’éducation nationale, selon ses propres mesures fixe l’augmentation des effectifs.

Je conseille aux jeunes d’avoir naturellement ce côté manager, de savoir décider des choses et s’imposer même comme ce n’est pas donné à tout le monde.

Puis, il faut prendre plaisir à aider les élèves, avoir l’envie de partager avec eux. Cultiver un état d’esprit positif, faire preuve de patience et surtout avoir la capacité d’adapter ses explications à ce qu’ils puissent comprendre facilement. Il faut les varier, les démultiplier pour qu’ils puissent comprendre. A entendre ce que disent les élèves, ce n’est pas évident pour tous les enseignants.

Un dernier conseil : il faut être savoir réagir aux préoccupations de l’élève. Pour y arriver, il faut être vraiment être à l’écoute et attentif à leurs réactions. Se montrer un peu proactif, si nécessaire ; inventer un exercice supplémentaire, par exemple, pour les aider à mieux comprendre. Pour que ça fonctionne entre un professeur et sa classe, les élèves doivent voir que l’enseignant s’intéresse vraiment à eux et s’apercevoir que leur professeur abat du bon boulot. Si en tant que futur enseignant vous faites ça, vous serez aimé et respecté par vos élèves.

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